Cloisonner un espace sans le fermer : l’art de jouer avec l’espace
On veut tous de la lumière et de grands volumes, mais les espaces dont nous disposons sont parfois tout simplement plus petits que rêvés. Suivant ses habitudes de vie on peut alors se retrouver confronté à de vrais dilemmes : personne n’a envie de voir la vaisselle sale depuis son canapé ou le tas de manteaux accumulé dans l’entrée. Alors, comment on fait ? On cloisonne… sans fermer !
Pourquoi c'est malin ?
Parce que l’espace circule, la lumière aussi, mais les fonctions sont marquées. On évite l'effet "hall de gare" tout en gardant cette sensation de liberté et en apportant un vrai caractère aux volumes.
Mes astuces préférées :
La verrière (la star, mais pas que) :
Elle reste indémodable, tout se joue dans le choix des matières et du motif : atelier indus, orangerie, art déco…L’idéal est de l’adapter à l’architecture de votre bâtiment. On peut également jouer avec des verres texturés ou colorés pour garder un peu d'intimité tout en travaillant la lumière. Dans le projet Partage par exemple, nous avons simplement retravaillé les verres de la verrière existante pour conserver les verres texturés en bon état. Ils ont été complétés par une touche de bleu pour rappeler la fresque de la crédence, et un touche de jaune ocre pour apporter de la chaleur à cette pièce orientée est.
Le claustra :
Le bois reste mon matériau préféré mais on peut imaginer un claustra en terre cuite, plusieurs fabricants proposent des briques en terre de différentes nuances ou même émaillées. Le claustra apporte un vrai parti pris graphique tout en laissant passer l’air et la lumière.
Le jeu d’ombres et lumières viendra d’ailleurs animer la pièce les jours de soleil si l’orientation le permet. C'est parfait pour délimiter une entrée qui n'existait pas sans étouffer la pièce de vie. D’un point de vue créativité on peut tout imaginer.
Le mobilier double face :
Une bibliothèque ouverte qui sépare le salon de l'entrée. C'est du rangement gagné et une cloison qui ne dit pas son nom. En partie basse côté entrée pourra intégrer des portes pour cacher chaussures, sacs, écharpes. SI la place le permet, on peut garder un mètre plein pour une penderie, ce qui permet d’isoler la porte d’entrée du reste de la pièce. Les étagères peuvent accueillir côté entrée les vides poches, côté salon livres et bibelots. La stratégie est de ne pas surcharger pour garder la transparence. Et si le mur derrière s’habille de miroir on gagne encore en profondeur tout en subtilité.
Le jeu de matériaux ou de couleurs :
Celle-ci a ma préférence car elle combine structure, décoration et petit budget. Parfois, une simple différence de dessin au sol ou un plafond peint suffit à dire "ici, c'est un autre monde". Cette astuce a ma préférence car elle combine structure, décoration et petit budget. Si vous êtes audacieux, optez même pour le “color bloc”, qui consiste à peindre tout l’espace de la même couleur, murs et plafonds. L’effet visuel est bluffant pour une entrée ou un couloir par exemple. Et si votre couloir est tout en longueur, pourquoi pas créer cette “boîte” au milieu ?
Le conseil SYKÄ
Avant de monter une paroi, posez-vous la question : qu'est-ce que je veux vraiment cacher ? Si c'est juste le désordre visuel, un claustra suffit. Si c'est le bruit du lave-vaisselle (pourtant choisi avec soin !), le verre ne suffira pas, il faudra penser textile ou acoustique.
Dans tous les cas, observez avant de casser ou fermer. Et pensez à vos habitudes de vie avant tout. Un cuisinier préfèrera souvent une grande cuisine fermée…